IMMÖRTEL 1 ODITHA

IMMÖRTEL 1  ODITHA
IMMÖRTEL






Mon corps tremble et il a chaud, ma peau sue et elle a froid, ma tête va exploser, mon c½ur brûle, ma poitrine m'oppresse, elle ne respire plus.

Je suis mort plusieurs fois dans cette vie. La première dont je me souviens, j'ai deux ans, je marche depuis peu et j'aime courir partout, mes trois jeunes oncles aiment faire la course avec moi dans la cours de la ferme de mes grands-parents. Je vis là depuis mon second séjour où le père de ma mère a décidé de me garder parmi eux, pour la soulager de la fatigue et du stress que c'est de donner la vie à un enfant toute seule.
Et puis dans un foyer où vivent déjà cinq personnes, ce n'est pas un petit ventre de plus à nourrir qui va faire une grande différence, dixit mon grand-père.

Cette fin de journée automnale est sombre, mes oncles s'affairent de l'autre coté de la cours boueuse en cette saison, ma grand-mère rentre les vaches à l'étable pour les traire et leur faire passer la nuit au chaud. Moi ono décide de rejoindre la compagnie, je m'élance à toute berzingue, sans réfléchir, quand une vache nommée « la Rouge » me balance un coût de tête alors que je suis à sa portée, elle me roule dans la boue et me lèche, je crois qu'elle cherche à m'embrocher avec ses cornes, je suis paniqué, mon c½ur bas à cent à l'heure et de l'eau me bouche le nez. J'ouvre la bouche et je suis face contre terre, je m'étouffe dans la vase du ruisselet qui vient de la mare où s'abreuvent les autres vaches.
Peut-être suis-je mort déjà avant, mais je n'en garde aucun souvenir.

A trois quatre ans, fort de mon jeune age, voyant mes oncles décharger une benne de betteraves, moi ono commence à monter sur le tas pour les aider. Quelle n'est pas ma surprise quand à peine hissé par mon plus jeune oncle sur la récolte fraîchement sortie de terre, mes pieds se dérobent sur la boue qui les enrobe, vacillant je chute sur un gros cailloux au moins deux mètres plus bas. Et tu ignores peut être combien cela semble haut à trois quatre ans !
Il me fracasse le crâne et m'ouvre une plaie très saignante au front. C'est bien court comme accident, enfin j'en garde une mignonne cicatrice et c'est tout ce dont je m'en souviens.


Tout le monde parle de Je, qui peut-il bien être ce Je ? Il m'est totalement inconnu, pourtant tous, mon grand-père, ma grand-mère, mes oncles, mes tantes, mes cousins, mes cousines, même les voisins parlent de Je. Ma mère aussi complote avec Je, elle me dit : Je repasse ton linge, Je fais la vaisselle, Je veux que tu sois sage, Je me demande si tu as bien rangé tes jouets ?

# Posté le dimanche 25 mars 2007 04:47

Modifié le dimanche 25 mars 2007 06:42

IMMÖRTEL 2 UNCLE

IMMÖRTEL 2  UNCLE
M'enfin pour qui se prend t-il ce Je ? Il s'occupe de mes affaires, commande, ordonne, interroge ma mère sans cesse à mon propos, pourquoi veut-il savoir tout ça cette homme de ménage ?
Et il est où, jamais on ne le voit, enfin moi jamais, et toi ?
Comment faire pour découvrir qui est ce Je dont tous parlent tout le temps ?
Observons, Je par-ci, Je par-là, il n'y en a que pour lui on dirait.
Ah ! Non ! Il me parle aussi, toujours ce Je qui s'immisce.
Je ne le supporte plus ... Je ?
Je ! C'est moi. Je ! C'est toi, c'est nous tous, on dit tous je ?
Ben oui gros bêta, quand on parle de soi, nous disons je, qu'est ce qu'il y a ?
Tu croyais quoi ? demande ma mère.
Oh moi rien, je ne croyais rien, non, rien ...

Je suis réellement devenu moi ce jour là, je prends pleinement conscience de ma personne, le bébé qui m'habitait encore est enfin mort. Je suis un garçonnet concentré et aventureux, rêveur diraient sûrement mes oncles ! Demain je rentre au cours préparatoire et j'ai hâte d'y être.


C'est la grande s½ur d'une voisine qui nous guide sur le chemin de deux kilomètres qui nous emmène à l'école. En classe je me débrouille plutôt bien, je suis nul en orthographe certes, mais je m'exprime bien, trop même pour la maîtresse, par ailleurs je suis un expert en calcul mentale, je comprends facilement le coup des dizaines et compte sans problème sans m'arrêter jusqu'à mille et je sais que cela n'a pas de fin, un million, un milliard, et cetera.
Je me fais aussi remarquer pour mes talents de bricoleur et de dessinateur, je suis balaise en travaux pratiques. Je passe donc sans embûche d'une classe à l'autre. Donnes moi ta main et prends la mienne, la cloche a sonné, ça signifie, la rue est à nous, que la joie vienne, mais oui mais oui, l'école est finie !

L'année de mes huit ans, pour me faciliter mon chemin des écoliers, on m'offre un extraordinaire vélo rouge. N'ayant jamais été sur un si grand engin à deux roues auparavant, mes oncles, encore eux, ne trouvent rien de mieux que de me monter dessus, de me pousser sur le chemin descendant de la ferme, de m'encourager à garder l'équilibre et à pédaler, allez pousses sur le pédalier.
Au bout de ma course, je réussi à maîtriser mon cheval de fer.
Je remonte fièrement ce maudit parcours qui me donna de sacrées frayeurs.
Mais ce n'est rien comparé à l'aventure qui nous survint l'hiver venu.
Avec ma monture rouge donc, alors que je reviens de ma lointaine école, de la neige se met à tomber, de plus en plus, forte et drue. A tel point que je ne vois plus la route, ni même la roue de devant, je regarde en arrière et là non plus, je ne reconnais rien, tout est blanc, c'est comme un brouillard de neige. Une angoisse folle m'éprend et me fait redoubler d'effort pour pédaler encore plus vite afin d'abréger mon calvaire, je n'en vois pas le bout, hop une branche et je m'étale de tout mon long sur ce manteau douillet. Je meure de peur et m'imagine une fin atroce dans le froid de la nuit tombante, je suis ankylosé et je n'arrive pas à me bouger, mes dents claquent comme des verres de cristal. Je ne sais comment, mais cet hiver glacial s'arrêta ce jour là pour moi.
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# Posté le dimanche 25 mars 2007 04:50

Modifié le dimanche 25 mars 2007 05:02

IMMÖRTEL 3 MIKETTE

IMMÖRTEL 3 MIKETTE
Ma quatrième morts, je la dois à ma sottise, depuis peu j'ai découvert l'art de faire des pommes frites, et ce à l'insu de tout adulte. Je profite d'un mercredi après midi où ma grand-mère est allée au champ sarcler les betteraves, pour m'adonner à ma découverte, zut il n'y a plus de patate, bien je vais au jardin récolter quelques pommes de terres afin d'assouvir mon addiction. Je me muni de la fourche que je plante dans le sol pour recueillir le précieux légume.
Seulement cette fin de printemps est sec et la terre est dure, alors je redouble d'effort, je lève l'outil aux dents acérées haut et, de tout l'énergie de mes neuf ans, je la pousse vers le bas, mais elle se bloque à mi-parcourt.
Là, elle est là, une dent qui traverse ma cuisse de part et d'autre.
Je garde mon sang froid, du reste mes pleures n'alarmeraient personne d'autre que Mikette, le chien de garde, lui-même attaché à sa niche.
Je décide de relever la fourche qui avait si peu pénétré la terre du jardin, mais incroyablement éperonné mon cuissot.
Ne te m'éprends pas, je n'ai pas perdu tout mon sang, ni même cassé mon fémur, comme mon imagination débordante pourrait te le faire penser, mais l'infection de la plaie empoisonne mon sang lentement et ne me permettra pas de pas voir le brûlant soleil de l'été suivant.

Pour ceux qui se demandent pourquoi le chien était affublé d'un tel prénom, c'est que cette animal était castré et que pour moi cela ne voulait rien dire alors, aussi je croyais qu'il était une femelle et ainsi l'avais-je donc baptisé : Mikette.


En fin de cours moyen, je développe d'étranges symptômes, je suis en récréation, je joue à chats avec mes copains et copines, et je m'écroule, mes jambes n'offrent plus aucune résistance au sol, je gis et je me sens mou, je respire fort, je retrouve mes sens, je me relève et reprends la partie. A mon entrée en classe de sixième, s'ajoute une non moins étrange lubie, je ne veux me nourrir que de saucisson à l'ail, de la mie de pain et du fromage blanc. Cela fait déjà beaucoup trop de jours que je refuse tout autre alimentation et je continue à perdre mes forces de temps à autre. Ma grand-mère et ma mère, alertées par cet incroyable comportement et mes évanouissements récurrents, m'emmènent chez le médecin.
Le diagnostique est alarmant, mes globules blancs en font qu'a leur sienne, ils sont devenus fous, ils se multiplient par milliers et s'attaquent à mes globules rouges, qui eux se retrouvent en nombre trop restreint pour gagner la bataille, ma moelle ne peut en produire suffisamment pour éviter le drame. On me prodigue des soins appropriés, du repos et une alimentation seine susceptible de m'aider, je n'arrive plus à avaler, je n'ai plus d'appétit, je ne dors plus, je plonge discrètement d'en un sommeil éternel, en aussi peu de temps qu'il ne t'en a fallu pour lire ses quelques pages de ma courte vie.


Oh là ! Le soleil est déjà bien haut ce matin, mais quel peut-il être ?
Quoi dix heures et ma grand-mère ne m'aurait pas réveillé pour me préparer, m'aider à me laver, me laisser m'habiller seul, me préparer mon bol de chocolat chaud et deux tartines beurrées, avant que de me coiffer correctement pour me faire partir à temps avec mon vieux vélo rouge, pour aller à l'arrêt de l'école primaire prendre l'autocar du collège, comme chaque jour scolaire !

# Posté le dimanche 25 mars 2007 04:52

Modifié le dimanche 25 mars 2007 05:21

IMMÖRTEL 4 EMY

IMMÖRTEL 4 EMY
Non vraiment quelque chose ne tourne pas rond ! Nous ne sommes pas mercredi, puisque c'était hier. Où est-elle ? Pas de feu au poêle à bois, la porte est fermée à clef et les vaches qui meuglent ?!
Par ici, dans ma chambre, me dit-elle sourdement. Je la trouve dans son lit, défigurée par la douleur, du sang coule le long du drap pendant.
Vas chez la voisine téléphoner au docteur, vite, je ne peux pas me bouger, j'ai trop mal, je flotte dans mon sang, j'crois bien.
J'enfourche qui tu sais, je téléphone, le médecin arrive une demi-heure plus tard avec une ambulance qui emmène ma grand-mère rapidement. Ma description de cette scène la bien convaincu que c'était réellement grave et urgent.
Ne t'effrayes pas trop vite, je me retrouve hébergé chez mon jeune oncle, avec sa femme et ses deux fillettes. Ils habitent tout prés du collège, au dessus du magasin d'antiquité de la jumelle de ma tante où elles travaillent ensembles. Je vais y rester jusqu'aux prochaines grandes vacances où j'irai rejoindre la maman de mon beau-père, avec ma s½ur et ma mère, en Dordogne.
Ma grand-mère te demandes tu ? Elle est hospitalisée pour une descente d'organes, je ne sais pas très bien ce que cela veut dire, mais je comprends que c'est très grave, que je lui ai vraisemblablement sauvé la vie, ce matin rouge sang.


Je suis fier d'être un membre de cette famille, fils de la fille mère de ma grand-mère, un drôle de bâtard comme disent certains. Je n'en souffre pas, dés les premiers quolibets, et les enfants sont bien cruels entre eux, c'est bien connu, j'ai réagis en m'affichant plus dans les jeux, en brillant dans certaines disciplines, les maths, le dessin et la technologie en particulier, pour me faire respecter et leur faire comprendre ce fait : Je suis heureux d'être né ainsi.
Je n'en suis pas exactement conscient, mais c'est ce qui fait de moi l'être original et attachant que je suis. On m'aime facilement, je ne suis pas difficile, je suis la tribu, je les respecte, je les distrais par mes créations, j'aime faire des choses à partir de rien comme cet arbre de noël sans sapin, juste des guirlandes en papiers découpées et une électrique improvisée depuis une pile neuf volts et des ampoules de lampe de poche.
Quant à mes jeunes amis je les emmène dans mes rêves et mes voyages champêtres, je les invite à partager certaines de mes aventures de découverte des choses de la vie. Concrètement, un matin je me réveille avec l'idée de les inviter à un pique-nique sur une colline. Donc le mercredi convenu, je leur donne rendez-vous devant l'épicerie boucherie du village, où j'achète des vivres avec mon argent de poche que ne manque pas de m'offrir ma mère quand elle vient me voir le dimanche. Nous avons une dizaine d'année, pour eux c'est une véritable expédition vers l'inconnu. Saucisson, pain, fromage, pomme chips et soda dans la musette, nous enjambons nos vélos et je les guide vers cette mini montagne. Elle est ronde comme un ventre de future maman, à son sommet il y a un arbre, un noyer je crois, tout seul devant la magnifique vue sur le village et son château. C'est un endroit où je viens souvent seule pour admirer la magie de la nature apprivoisée par l'humain depuis des temps immémoriaux.
Mes jeunes compagnons m'en témoignent depuis un chaleureux respect. J'espère leur en être digne, alors je redouble de créativité, pour les épater une fois de plus.
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# Posté le dimanche 25 mars 2007 04:53

Modifié le dimanche 25 mars 2007 06:44

IMMÖRTEL 5 MARTHY

IMMÖRTEL 5 MARTHY
Par ailleurs, j'ai la conviction que la fuite de mon père et l'éloignement de ma mère, ont indéniablement contribué à une libération que je n'aurais pu acquérir aussi facilement sans ça. Plus vite que quiconque, sinon d'autre comme moi, je me suis retrouvé face à moi-même, devant mes propres responsabilités, face à tous mes actes, aussi bénins soient-ils !
Mes grands parents ont déjà éduqué dix enfants tout en étant très occupés par leurs activités agricoles et l'élevage de leurs animaux. Ils en ont acquis une sérénité quant au fait de laisser les enfants se prendre en charge très tôt, par le simple fait qu'ils n'avaient pas le temps matériel d'être derrière chacun d'entre eux. Ils restaient cependant attentifs à leur bien-être et à leur éducation.
Mes oncles et tantes se sont élevés mutuellement, comme cela se faisait dans les grandes familles d'alors. Les trois derniers en ont fait autant avec le petit dernier que je suis devenu. Mais du fait qu'il y a quatorze ans d'écart avec le plus jeune, tôt dans mon enfance, ils sont partis vivre leur destin, me laissant seule face au mien.

Ce n'est pas un abandon, mais plutôt un passage de témoin. Là encore, leur éloignement m'est réellement bénéfique, je dois grandir par moi-même, je n'en ai pas peur. Je n'en suis pas conscient encore, mais j'aime ce sentiment de toute puissance sur cet avenir que je n'entrevois pas vraiment. Mais envers lequel j'éprouve la certitude d'être confiant en ce qu'il sera plus vite à mon image, et non le reflet d'une ou plusieurs autres identités trop influentes, comme peut l'être l'image parentale avec leur rêves et leur désires. Sans négliger, que parfois les parents ne sont pas toujours à la hauteur de nos espérances, demandez à Lucas, s'il ne m'a pas envié, le jour où sont père le battait et que sa mère se réfugiait dans le cabinet avec ses petites soeurs. Je n'ai que mes choix à gérer, quel gain de temps ! Je l'utilise à ma guise pour le passer à me distraire, j'adore joué !
J'aime prétendre et vivre mes propres aventures mentales et physiques.
J'agrandi mon champ d'observation, par mes rencontres, mes centres d'intérêts et surtout la petite lucarne. Je passe des heures devant des programmes de toutes natures, tous sont instructifs, même si de toute évidence, je préfère, les fictions et les variétés.
Je deviens moi-même, bien que je doive l'admettre, nous nous identifions toujours par rapport à notre environnement personnel, à moi de l'élargir !


Le jour de ma communion solennelle, je ne suis pas moi-même. Je suis là pour faire plaisir à ma grand-mère, en honorant la mémoire de grand-père qui fut une sorte de diacre en charge du corbillard dans cette paroisse, autrefois, lorsque le cheval était encore le maître des routes, et donner le bon prétexte à ma mère de nous régaler de ses délicieuses recettes. Je suis aussi hypocrite que la plupart de mes camarades qui espèrent ce moment depuis longtemps pour obtenir le cadeau de leur rêve. Pour moi ce sera une gourmette en or blanc, une montre qui va sous l'eau et un nouveau vélo doré à douze vitesses, le rouge devient vraiment trop petit, et il n'a que trois vitesses, désolé !

Donc, peut-être commences-tu à me connaître, je me suis posé la question :
Et dieu dans tout ça ? Y a pas, je n'arrive pas à tout cerner, mon prêtre, un adorable monsieur essaie bien de me canaliser et de répondre à toutes mes interrogations, mais cela ne suffit pas. Par exemple, je lui pose des questions aussi incongrues que celle de me dire ce qu'il pense du livre d'Enoch, ce à quoi il me répond : mais qui est Enoch ?
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# Posté le dimanche 25 mars 2007 04:54

Modifié le dimanche 25 mars 2007 06:50