Mon corps tremble et il a chaud, ma peau sue et elle a froid, ma tête va exploser, mon c½ur brûle, ma poitrine m'oppresse, elle ne respire plus.
Je suis mort plusieurs fois dans cette vie. La première dont je me souviens, j'ai deux ans, je marche depuis peu et j'aime courir partout, mes trois jeunes oncles aiment faire la course avec moi dans la cours de la ferme de mes grands-parents. Je vis là depuis mon second séjour où le père de ma mère a décidé de me garder parmi eux, pour la soulager de la fatigue et du stress que c'est de donner la vie à un enfant toute seule.
Et puis dans un foyer où vivent déjà cinq personnes, ce n'est pas un petit ventre de plus à nourrir qui va faire une grande différence, dixit mon grand-père.
Cette fin de journée automnale est sombre, mes oncles s'affairent de l'autre coté de la cours boueuse en cette saison, ma grand-mère rentre les vaches à l'étable pour les traire et leur faire passer la nuit au chaud. Moi ono décide de rejoindre la compagnie, je m'élance à toute berzingue, sans réfléchir, quand une vache nommée « la Rouge » me balance un coût de tête alors que je suis à sa portée, elle me roule dans la boue et me lèche, je crois qu'elle cherche à m'embrocher avec ses cornes, je suis paniqué, mon c½ur bas à cent à l'heure et de l'eau me bouche le nez. J'ouvre la bouche et je suis face contre terre, je m'étouffe dans la vase du ruisselet qui vient de la mare où s'abreuvent les autres vaches.
Peut-être suis-je mort déjà avant, mais je n'en garde aucun souvenir.
A trois quatre ans, fort de mon jeune age, voyant mes oncles décharger une benne de betteraves, moi ono commence à monter sur le tas pour les aider. Quelle n'est pas ma surprise quand à peine hissé par mon plus jeune oncle sur la récolte fraîchement sortie de terre, mes pieds se dérobent sur la boue qui les enrobe, vacillant je chute sur un gros cailloux au moins deux mètres plus bas. Et tu ignores peut être combien cela semble haut à trois quatre ans !
Il me fracasse le crâne et m'ouvre une plaie très saignante au front. C'est bien court comme accident, enfin j'en garde une mignonne cicatrice et c'est tout ce dont je m'en souviens.
Tout le monde parle de Je, qui peut-il bien être ce Je ? Il m'est totalement inconnu, pourtant tous, mon grand-père, ma grand-mère, mes oncles, mes tantes, mes cousins, mes cousines, même les voisins parlent de Je. Ma mère aussi complote avec Je, elle me dit : Je repasse ton linge, Je fais la vaisselle, Je veux que tu sois sage, Je me demande si tu as bien rangé tes jouets ?




